mardi 11 novembre 2008

Les pagodes bouddhistes chinoises


Venue d'Inde, la pagode, tout comme le bouddhisme, s'est propagée à partir du 2e siècle en Chine, puis en Corée ainsi qu'au Japon. La pagode telle qu'on la connaît est une évolution du stûpa indien, c'est-à-dire, une sorte de sépulture où les reliques sacrées pouvaient être protégées et vénérées. La forme du stûpa indien par contre - bol à aumône retourné, qui évolue plus tard en demi-sphère - s'est énormément diversifiée lors de sa propagation en Asie, jusqu'à présenter, comme c'est le cas de la pagode, une architecture qui ne possède plus du tout les caractéristiques du stûpa.

En Chine, la pagode, au centre des grands temples bouddhiques, présentait, en outre, d'autres avantages et utilités. Elle servait par exemple, très simplement, de tour d'observation, voir loin étant une motivation suffisante. La possibilité que la construction offrait de surveiller les mouvements des ennemis constitue également un atout indéniable. Enfin par sa grande taille, en navigation maritime et fluviale, la pagode servait de point de repère : embarcadères ou ponts se trouvant à proximité. Composées de plusieurs étages, construites en maçonnerie, pierre et brique, dépourvues de shinbashira (terme qui sera défini par la suite), les pagodes ont un espace intérieur vaste avec accès aux étages par escaliers. De l'époque des Han (25-220) jusqu'à la dynastie des Qing (1644-1911), celles-ci ont une fonction hautement religieuse, servant de lieu de culte et de lieu de conservation de reliques pour l'Empire du Milieu, ce qui n'empêchait pas les Chinois de s'en servir comme observatoire, comme c'était le cas par exemple pour la pagode octogonale Liaodi.

Sous les Han, les pagodes antiques étaient comme la plupart des constructions de l'époque en bois. Malheureusement, le bois prenait feu assez facilement, le bois pouvait également pourrir et être ravagé par des insectes. Ce sont les raisons pour lesquelles, un certain nombre d'entre elles ont subsisté. Par contre lors d'un séisme, ce sont les pagodes en bois qui résistaient le mieux : alors que celles en maçonnerie se montraient peu stables. Les pagodes en bois ne sont présentes qu'au Japon à une exception près : la pagode Sakyamuni du temple Fogong, du 11e siècle et de 67 mètres de haut, la seule structure entièrement en bois existant encore en Chine.

Remplacer le bois par de la brique et de la pierre a rendu les pagodes plus résistantes au feu. L'utilisation de ces matériaux a contribué à réduire la taille des avant-toits étant donné que la brique a une assez faible résistance flexionnelle et de cisaillement. C'est en Chine qu'on retrouve la plupart des pagodes en brique. Remarquez qu'on retrouvera également encore quelques pagodes en bronze, fer céramique ou composées de briques et tuiles vernissées en Chine.

La pagode octogonale Liaodi (terme signifiant « Observation de l'ennemi ») de 1055 du temple Kaiyuan à Dingzhou (nord de la Chine) haute de 84 mètres, totalisant 11 étages est construite en maçonnerie. Typiquement chinoise, elle est la plus haute des pagodes anciennes existant encore. Les avant-toits sont constitués de couches de briques sont courts. Un escalier est logé dans la partie centrale, et la pagode est dotée de réelles portes et fenêtres.

dimanche 9 novembre 2008

Le Temple des Lamas



Le Temple des Lamas à Pékin, construit en 1694 est l'ancien palais de l'empereur Yongzheng et offert aux moines tibétains en 1732. En effet les empereurs mandchous étaient très favorables au bouddhisme tibétain.

Ce monastère hébergea jusqu'à 300 lamas et avait des rapports très privilégiés avec l'empereur. Ils étaient, dit-on, les seuls à pouvoir le regarder dans les yeux.

S'étendant sur une superficie de 66 000 mètres carrés et mesurant 400 mètres du nord au sud et 200 mètres d'est en ouest, elle est constituée de trois parties principales : la cour Baofang, le jardin et les bâtiments. Les bâtiments comprennent sept groupes d'architectures et cinq cours successives, avec un millier de pièces au total.

Lorsque l'on rentre dans le temple ont est frappé par la beauté de la porte de style Ming ainsi que par les très beaux pavillons dits du tambour et de la cloche.

On peut admirer dans la salle des quatre gardiens célestes, un magnifique bouddha Maitrya en bois doré ainsi que quatre statues en terre cuite (les gardiens) qui écrasent des diables sous leurs pieds.
La salle de l'éternelle harmonie abrite trois bouddhas en bronze (représentants le passé, le présent et le futur). On peut observer dans cette salle de magnifiques tankas tibétains.

La salle de la protection éternelle (Yongyou dian) présente trois bouddhas (celui de la médecine, celui la longévité et celui de l'enseignement). Mais on peut surtout contempler deux bouddhas femmes, dont l'un est fait de 6000 morceaux de soie cousus ensembles.

La salle de la Roue de la Loi (Falun dian) est la plus grande et la plus spectaculaire On peut y admirer une énorme statue en bronze, de plusieurs dizaines de tonnes) de Tsongkapa. Des fresques superbes ornent cette salle (scène de chasse etc...).

Le pavillon des dix mille bonheurs abrite une statue de bouddha de 26m de haut et de 8m de diamètre, sculptée dans un tronc de santal blanc. Les murs sont là encore décorés de superbes tankas.
La visite de ce haut lieu spirituel se finit par un petit musée contenant de nombreux objets représentants les liens du pouvoir chinois et du bouddhisme tibétain.

Ce temple est le plus visité par les touristes étrangers à Beijing.

samedi 8 novembre 2008

Histoire du bouddhisme en chine

L’histoire du bouddhisme en Chine commence au premier siècle après JC par l’ouverture de la route de la soie. La légende veut que l’empereur Ming de la dynastie Han ait rêvé, en l’année 64 après JC, de l’arrivée d’un être doré du nom de Bouddha. Il envoya alors une délégation qui ramena, sans doute d’Inde, les textes bouddhiques. En réalité, les origines du bouddhisme en chine furent le fait des marchands d’Asie centrale.

Le bouddhisme, va coexister avec le taoïsme et le confucianisme mais à la différence de ces derniers il va devenir rapidement le culte le plus riche et le mieux organisé de Chine. Le clergé bouddhique rassemble ainsi jusqu’à un pour cent de la population sous les Tang (618-907).

Cette puissance financière et ce développent rapide finissent par susciter de nombreuses jalousies et craintes, en particulier des taoïstes, et provoque de nombreuses proscriptions. La plus importante eu lieu sous l’empereur Wuzong en 845 qui interdit le bouddhisme. Il confisque alors les 40000 temples et les 4600 monastères et renvoie plus de 200.000 moines et nonnes à la vie civile. Bien qu’un an plus tard cette mesure fut levée, elle portera un coup rude au développement du bouddhisme en chine qui ne retrouva dès lors jamais son influence passée.

Après cette période, la coexistence des trois religions (bouddhisme, taoïsme et confucianisme) devint officielle et largement accepté par tous.Le bouddhisme a laissé un patrimoine culturel et artistique considérable en chine, en particulier le plus grand bouddha du monde, le bouddha géant de Leshan qui date du VIIème siècle après JC. Il existe également un véritable artisanat bouddhiste, en particulier au Tibet et dans le sud de la chine qui se développe de plus en plus en raison de l’essors de cette religion et de sa culture dans le monde. Ainsi de nombreux objets de culte deviennent des objets d’ornements, à la fois symboliques et esthétiques : bracelets et colliers, statuettes de bouddha….

Le bouddhisme est aujourd’hui une partie intégrante de la culture et de la civilisation chinoise. Les bouddhistes chinois sont aujourd’hui représentés par l’Association des Bouddhistes de Chine, fondée en 1953. L’Institut bouddhique, équivalent d’un Grand séminaire, a été fondé en 1956 par l’association. Fermé pendant la Révolution culturelle, il a été réouvert en grande pompe le 22 décembre 1980. Ses locaux se situent dans le monastère Fayuan, à l’ouest de Pékin. Il assure la formation du personnel religieux et des spécialistes de la doctrine bouddhiste.

samedi 25 octobre 2008

Un haut lieu du bouddhisme chinois: le temple des six Banians à Canton


Le temple des Six Banians à Canton est un très vieux temple bouddhiste. Fondé en 537, il fut brûlé sous la dynastie des Song et reconstruit en 989. Le nom du temple vient des six banians (arbres tropicaux) qui le ornaient. Ces derniers ont aujourd'hui disparu bien que l'on ai replanté deux spécimens.

Au sein du temple, le visiteur peut contempler la pagode des fleurs qui mesure 57m de haut et qui comprend 16 étages. La pagode est surmontée d'une colonne de bronze de 5 tonnes datant du XIVème siècle que l'on appelle la colonne des milles bouddhas. Autre particularité, la pagode penche légèrement et il a fallu il y a quelques années faire des travaux car on craignait qu'elle ne s'écroule.

Derrière la pagode une salle accueille trois bouddhas en bronze doré âgés de plus de trois cents ans. Celui de gauche symbolise la tranquillité et l'avenir, celui du milieu symbolise le présent et celui de droite représente le passé et accueille les croyants.

Dans le temple, on trouve la salle des morts, avec les tablettes bouddhistes traditionnelles et les photos des défunts.

Enfin, la statue de Guan Yin offre un dernier attrait à ce haut lieu du bouddhisme de Canton. Guan Yin était dit on un homme qui changea de sexe pour attirer les croyantes vers le bouddhisme. Les femmes enceintes vont prier devant la statue car elles pensent qu'elle les aidera à avoir un garçon.
Une communauté de moines habite toujours le temple, imperturbables, ils regardent parfois les visiteurs et les touristes telle une attraction.